L’œil de l’expert : interview de Cathy Suarez

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L’œil de l’expert : interview de Cathy Suarez

“Le Sénégal est-il préparé à l’évolution actuelle des constructions et de l’immobilier ?”

Tout le monde rêve d’avoir un toit qui lui appartient ! C’est normal, c’est humain. Mais à quel prix ?

Actuellement, une grande frustration se développe parmi les travailleurs des classes moyennes ou de base qui souhaiteraient construire leur maison ou acheter un appartement, sans pour autant avoir une idée précise de ce que cela leur coûtera et du temps qu’il leur faudra pour rentabiliser ou rembourser leur bien immobilier.

Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la construction coûte chère. Les prix des terrains flambent. La plupart des propriétaires préfèrent rentabiliser leur assiette foncière en créant des appartements ou des logements qu’ils loueront à un prix locatif conforme avec leurs besoins, mais en inadéquation avec les salaires des locataires.

Alors que faire ? Comment établir un équilibre ?

Certains promoteurs immobiliers spécialisés dans des programmes du style SIPRES ou SCAT URBAM arrivent à proposer des ventes de produits immobiliers payés en plusieurs tranches.

Le principal problème de tous ces projets, c’est le manque d’éducation ou de sensibilisation des acquéreurs à la gestion des parties communes, ce qui fait que les syndics de copropriété ne sont pas considérés, alors que son professionnalisme permet de maintenir la qualité de vie dans des cités en bon état.

Pour ce qui est des ventes, on nous parle aussi d’appartements ou de villas à vendre entre 10 et 20 millions de francs CFA. Par la suite, on vous dira que ce sont les agences immobilières qui fixent des prix de location trop élevés et que les propriétaires de ces dits produits s’en mettent plein les poches.

A ANAIS, nous ne voyons pas les choses de cette manière.

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Sur les terrains de Diamniadio, par exemple, la terre est argileuse et les constructions doivent être faites en hauteur, pour les rentabiliser.

Actuellement, l’offre de produits à prix faible est inexistante car les marges ne permettent pas une bonne rentabilité sur de tels programmes.

En réalité, il est difficile à ce jour, de pouvoir trouver une acquisition à moins de 30 millions CFA, et une villa modeste revient au minimum entre 45 et 50 millions CFA.

Afin de rentabiliser un prix d’achat de l’ordre de 30 millions, par exemple, les propriétaires se voient obligés de mettre un taux de loyer relativement élevé, du fait d’une rentabilité moyenne qui, aujourd’hui, rembourserait le capital entre 15 et 20 ans, voire plus. Les investisseurs immobiliers, eux, recherchent des produits rentabilisés entre 5 et 10 ans.

Notre association étudie les prix qui sont proposés dans les différents quartiers et jusqu’à Diamniadio.

Nous estimons aujourd’hui qu’il nous faut accompagner les consommateurs, locataires et propriétaires sur leurs choix, en fonction de la réalité des offres et des demandes sur le terrain.

Il faudrait aussi analyser quelles sont les dépenses effectuées par les propriétaires, depuis la construction de son bien, jusqu’à son aménagement, les impôts qu’il devra payer et la rentabilité réelle en matière locative. Si le gouvernement faisait une réelle étude sur la question, il s’apercevrait qu’être propriétaire, de nos jours, n’est pas toujours une source d’investissement rentable.

Ahmet Lo
Sales & Ops Manager à MaMaison.sn. Passionné d'immobilier et professionnel du secteur depuis plus de 10 ans, je suis en charge de la lettre d'information sectorielle qui a vocation à rassembler du contenu et des analyses pour tous les professionnels du secteur de l’immobilier au Sénégal.
 

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