L’interview du mois : Mme CATHY SUAREZ – REGIE IMMOBILIERE MUGNIER & CIE

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L’interview du mois : Mme CATHY SUAREZ - REGIE IMMOBILIERE MUGNIER & CIE
L’interview du mois : Mme CATHY SUAREZ - REGIE IMMOBILIERE MUGNIER & CIE

MaMaison.sn – Présentez à nos lecteurs la Régie immobilière Mugnier & Cie

C. S : La Régie Immobilière Mugnier a été créée en 1956 par M. André MUGNIER et a ensuite été gérée par la famille SUAREZ MUGNIER depuis plusieurs décennies. La RIM est l’une des pionnières de l’administration immobilière au Sénégal et nous continuons, à ce jour, le maintien de ce leadership par le développement régulier de stratégies émergentes au niveau de la capitale et bientôt dans les régions. Sur le plan organisationnel, la RIM est composée d’un président du conseil d’administration, d’une direction générale et commerciale et d’une direction administrative et financière. L’équipe est constituée de ressources humaines qualifiées en comptabilité, en gestion immobilière et en démarchage commercial. Le personnel suit régulièrement des séances de formations en interne vu que le métier d’agent immobilier évolue aux grés de la législation et de l’avancée des nouvelles technologies. La RIM a également très tôt intégré la dimension digitale dans son organisation en travaillant avec un outil de gestion immobilière performant – actuellement CRYPTO – et par le recours à des plateformes d’annonces immobilières pour atteindre de manière efficace et efficiente les prospects cherchant une location ou envisageant l’achat d’un bien immobilier de moyen ou de haut standing à Dakar.

MaMaison.sn – La digitalisation occupe apparemment une place centrale dans l’activité immobilière de RIM, est-ce une stratégie largement adoptée par les agences immobilières au Sénégal ?

C. S : De toute évidence, les agences qui veulent s’assurer une pérennité doivent se digitaliser. L’époque des annonces dans des journaux ou magazines se meurt au profit des plateformes d’annonces parce qu’aujourd’hui 2 personnes sur 3 interrogent les moteurs de recherches sur internet pour trouver un bien immobilier. D’où cette nécessité d’avoir une présence en ligne. Si vous avez un bon référencement sur internet, vous avez plus de chances de vous faire contacter par des prospects qualifiés. Quand bien même certains confrères adoptent encore les méthodes classiques dans certains quartiers ou hors de la capitale, nous constatons que de plus en plus d’agences intégrent cette dimension digitale. Au niveau du réseau de l’Association Nationale des Agences Immobilières du Sénégal (ANAIS) dont je suis la présidente, nous sommes très au fait de l’évolution des services digitaux et de leur importance dans l’activité immobilière quotidienne. Nous ne manquons pas de partager régulièrement avec les membres ces nouvelles solutions de l’heure et nous les encourageons à intégrer cette dimension dans leur stratégie globale pour être à la pointe du progrès.

MaMaison.sn – Quelles ont été les motivations qui ont menées à la création de l’ANAIS ?

C. S : L’ANAIS a été créée en 2016 suite à la volonté des pouvoirs publics de mieux encadrer le secteur immobilier en association avec ses acteurs, notamment les agences, qui serviraient d’interlocuteurs à travers ce cadre formel. Cette volonté politique est venue à point nommée vu que nous avons longtemps subi les revers d’une profession qui avait semblé imprimer dans l’esprit des gens une image peu flatteuse. Ce cadre a donc pour missions principales : de fédérer la profession autour d’un réseau de professionnels de qualité, d’uniformiser les modes de gestion pour une meilleure performance nationale et de défendre les intérêts des agences auprès de l’Etat. Aujourd’hui, l’ANAIS a réussi à créér un cadre d’échanges, de formation, de partage des outils d’information et de travail entre les membres. Nous comptons près de 35 agences membres et la vie associative est rythmée par des réunions trimestrielles pour faire le point sur les actions menées et les projets en cours.

MaMaison.sn – Envisagez-vous d’y inclure les courtiers?

C. S : Vous savez, les courtiers stimulent une bonne partie du marché immobilier mais leurs modes opératoires restent ancrés dans le cadre informel. Les objectifs communs du gouvernement et de notre association sont incompatibles  avec leur souhait d’évoluer dans l’informel. Maintenant, nous pensons qu’il faudrait d’abord les encadrer par une formation professionnelle diplômante et les accompagner dans leur formalisation. Concrètement, la réflexion est menée dans l’ANAIS autour de la mise sur pied d’une structure immobilière qui fonctionnerait par un système de  parrainage des courtiers et qui leur permettrait d’avoir une légitimité auprès des pouvoirs publics.

MaMaison.sn – En 2014, la loi sur la baisse du loyer a été promulguée prévoyant des baisses de 4 à 29% suivant un barème des prix. Quatre ans après, quel bilan en tire l’ANAIS ?

C. S : Il faut se rendre à l’évidence. Il y a vraisemblablement eu une précipitation. La promulgation de la loi devait être précédée par une évaluation d’experts immobiliers et par la concertation avec une représentation des agences immobilières. L’environnement dans l’immobilier a aussi été oublié, tel que l’impact du coût de l’électricité ou de l’eau, sur les charges locatives, etc. Bien que ça soit une initiative politique salutaire à l’endroit des populations, en revanche, les agences ont véritablement eu des résistances de la part de certains bailleurs qui dès le départ n’ont pas voulu s’inscrire dans cette dynamique. Cela se comprend. A ce jour, le niveau du loyer continue toujours d’être aussi élevé parce qu’il n’y a pas eu un bon encadrement juridique ni d’observatoire pour un suivi en temps réel des prix. Pour éviter un autre échec de pareille amplitude, le gouvernement a souhaité que l’ANAIS soit partie prenante du prochain décret présidentiel que le ministre a révélé l’an dernier à l’assemblée pour mieux encadrer le secteur.

MaMaison.sn – Quels sont les projets portés par l’ANAIS pour participer à l’organisation du secteur ?

C. S : Nous avons trois projets principaux :

1) La formation professionnelle : l’ANAIS est en pourparlers avec SUP INFO qui envisage d’intégrer une filière de gestion immobilière dans son programme académique. Cette formation serait sanctionnée par un diplôme qui permettrait aux récipiendaires qualifiés et opérationnels d’être engagés immédiatement par des agences immobilières.

2) Une fédération des agences immobilières : nous souhaitons, dans le long terme, nous constituer en fédération pour avoir un poids économique plus important auprès du gouvernement et défendre au mieux les intérêts des professionnels.

3) Une convention de partenariat avec l’Agence Marocaine des Agences Immobilières (AMAI).

Ahmet Lo
Sales & Ops Manager à MaMaison.sn. Passionné d'immobilier et professionnel du secteur depuis plus de 10 ans, je suis en charge de la lettre d'information sectorielle qui a vocation à rassembler du contenu et des analyses pour tous les professionnels du secteur de l’immobilier au Sénégal.
 

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