La Tour Mixte de Dakar : Entretien avec Mme Borina ANDRIEU, Managing Director de l’agence Wilmotte & Associés

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La Tour Mixte de Dakar : Entretien avec Mme Borina ANDRIEU, Managing Director de l’agence Wilmotte & Associés
La Tour Mixte de Dakar : Entretien avec Mme Borina ANDRIEU, Managing Director de l’agence Wilmotte & Associés

Quelles sont les raisons qui ont motivé l’agence W&A à s’associer à la conception d’un projet ambitieux comme la tour mixte de Dakar ?

B.A : AMSA a lancé un concours pour la conception d’une tour à usage mixte au cœur de la capitale sénégalaise et c’est le maître d’ouvrage délégué, REDMAN, qui nous a contactés pour nous associer à ce projet ambitieux. À la présentation du projet, nous y avons d’abord vu un important défi technique en raison du positionnement de la parcelle triangulaire dans un tissu urbain extrêmement dense. De plus, c’était pour notre agence une opportunité unique d’accompagner la formidable croissance du Sénégal.

Quelles sont les caractéristiques de cette tour ?

B.A : Nous avons imaginé un immeuble de grande hauteur (IGH) de 20 000 m² et 26 étages, qui s’élève à plus de 100 m de hauteur ! Il s’agit d’une tour mixte composée d’un business center, de commerces, de plateaux de bureaux répartis sur 17 000 m², d’un amphithéâtre, de halls, de deux batteries d’ascenseurs et d’un rooftoop. D’un point de vue géographique, la tour est située sur un axe majeur de la ville, dans un quartier très dense du plateau, précisément entre le Grand Théâtre et le Port de Dakar. À l’extérieur du bâtiment, les espaces sont bien dégagés pour permettre aux piétons de circuler tranquillement.

Quels sont les principaux défis à relever pour mener à bien le projet de cette tour mixte, premier gratte-ciel de la capitale dakaroise ?

B.A : Il y plusieurs paramètres à prendre en compte dans la conception de ce projet. Premièrement, il faut analyser le climat local : étude de l’ensoleillement, de l’influence maritime, de la résistance des bâtiments au vent, de la différence saisonnière des températures,… Fort heureusement, au Sénégal, la faible amplitude des températures nous permet de travailler l’inertie passive pour allier la simplicité technologique au confort de l’usager. Maintenant, il est évidemment compliqué d’ériger un IGH dans une parcelle extrêmement exiguë, de forme triangulaire. Il a également fallu gérer la dénivellation entre les rues qui se rejoignent sur le nez du bâtiment. Le résultat est d’ailleurs très intéressant, avec une tour en forme de voile qui, évidemment, fait écho à l’activité du site. Au-delà de la forme originale du bâtiment, la tour se lit des quatre côtés de façons très différentes. Ce projet est bien étudié, bien réfléchi et s’inscrit dans une véritable démarche de développement durable. Nous avons réussi à transformer les contraintes du site en atouts pour le projet.

Tour Mixte De Dakar 3D
Tour Mixte De Dakar 3D

Avez-vous une méthode standard de conception des bâtiments ?

B.A : Il faut s’inspirer du contexte culturel et l’interpréter avec les technologies d’aujourd’hui. Les nouveaux types de bâtiments à usages multifonctionnels doivent répondre aujourd’hui à un besoin de mixité. Notre forte expérience internationale nous permet de nous adapter aux contextes locaux, et c’est ce qui fait la richesse et le succès des projets de notre agence.

Quels sont les autres projets dans la région auxquels vous êtes associés ?

B.A : Nous imaginons actuellement le nouveau siège de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest à Diamniadio. Le projet se développera sur près de 50 000 m² et va réunir les trente-trois agences régionales de l’ONU. Il était initialement prévu une tour mais comme il n’y a pas problème de surface à Diamniadio, contrairement à Dakar, nous avons préféré concevoir un bâtiment sur 6 niveaux en mettant l’accent sur le volet développement durable.

Suite à une urbanisation accélérée dans les dernières décennies, comment voyez-vous évoluer l’organisation des villes africaines dans les 10 prochaines années ?

B.A : La transition vers des smart cities doit faire l’objet d’une spatialisation urbaine intelligente. Il faut un équilibre et une mixité dans la gestion des espaces. Ensuite, les nouvelles villes doivent se développer avec des infrastructures routières de qualité pour favoriser une circulation fluide et les transports en commun. Les aménagements doivent rendre la vie urbaine plus agréable et nous pensons qu’il existe une dynamique dans ce sens à l’échelle continentale.

La Fondation W opère-t-elle sur des marchés émergents comme l’Afrique pour soutenir de jeunes talents et le patrimoine ?

B.A : Nous avons initié un concours européen qui s’adresse aux jeunes architectes et aux étudiants (www.prixw.com), mais nous menons la réflexion pour une éventuelle collaboration avec des universités en Afrique. Le continent regorge de talents.

Ahmet Lo
Sales & Ops Manager à MaMaison.sn. Passionné d'immobilier et professionnel du secteur depuis plus de 10 ans, je suis en charge de la lettre d'information sectorielle qui a vocation à rassembler du contenu et des analyses pour tous les professionnels du secteur de l’immobilier au Sénégal.
 

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