La Cimenterie au Sénégal, Entretien avec Waly Alex SIMAGA -Directeur des Ventes de DANGOTE CEMENT SENEGAL

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Cimenterie Dangote
Cimenterie Dangote

MaMaison.sn : Pouvez-vous présenter DANGOTE CEMENT SENEGAL à nos lecteurs ?

WAS : 3e cimenterie au Sénégal qui a démarré ses activités en janvier 2015. Dangote Cement Senegal, c’est près de 3,4 millions de tonnes de ciment vendu depuis le départ de l’activité.

DCS, comme nous nommons notre entreprise en interne, est aussi la cimenterie qui a montré aux foyers sénégalais, qu’ils méritaient mieux que le ciment habituellement utilisé à l’époque. Nous avons apporté la plus robuste qualité ou grade de ciment, le 42.5, révolution dans les habitudes de consommation locale et sous-régionale. Nous avons démocratisé un produit auparavant inaccessible aux ménages car inconnu et très cher.

Nous sommes basés à Pout, près de Thiès, auprès de populations que nous soutenons sur divers aspects. D’ailleurs une partie significative de nos ressources humaines proviennent de cette même localité. Nous répondons à diverses sollicitations des communautés qui nous environnent car nous avons à cœur de participer à la vie des populations.

MaMaison.sn : Comment se porte le secteur de la cimenterie au Sénégal ?

WAS : Le secteur se porte bien de manière globale, avec un marché dont la croissance est encore d’actualité. Cette croissance est portée en partie par les grands projets de l’Etat, comme les logements sociaux ou encore le T.E.R par exemple.

La décentralisation amorcée est aussi un vecteur de croissance qui n’a pas encore donné tout ce qu’il peut apporter aux cimentiers en termes de volume d’activité. La classe moyenne sénégalaise continue de grandir, malgré un pouvoir d’achat qui s’érode dans une certaine mesure, ce qui reste quand même une autre source de développement de notre activité.

Un coup de pouce majeur pour le secteur du ciment serait un accès au crédit plus facile pour les ménages, impactant ainsi directement le nombre de projets immobiliers des familles.

Le Sénégal reste à construire et Dangote Cement Senegal entend contribuer pleinement à l’essor d’infrastructures capables d’accompagner les ambitions des ménages et de l’Etat.

MaMaison.sn : Quelle qualité de ciment commercialisez-vous au Sénégal ?

WAS : Nous commercialisons principalement deux types de ciment ; le ciment grade 42.5, notre fer de lance et le ciment grade 32.5, arrivé chez nous par la suite. Le 42.5 est le ciment le plus robuste et celui recommandé pour attaquer le gros œuvre. Evidemment, il est aussi utile pour les autres travaux. Cependant, il faut noter que ce ciment, même s’il reste légèrement plus cher que le 32.5, représente pourtant une source d’économies pour l’utilisateur. En effet, avec le grade 42.5, les maçons obtiennent plus de briques et la fréquence des travaux d’entretien des infrastructures diminue.

Notre 32.5 est aussi une valeur sûre, qui a d’ailleurs su, 24h après son lancement, conquérir nos partenaires distributeurs, mais aussi confirmer sa qualité dans le temps.

MaMaison.sn : Quels sont les éléments déterminants dans le prix du sac de ciment?

WAS : La dynamique du marché est le facteur le plus primordial. Il faut savoir que la concurrence est rude, ce qui est à l’avantage des consommateurs sénégalais. Le prix du ciment au Sénégal est parmi les plus bas du continent, malgré l’impression que certaines personnes peuvent avoir. Il faut noter, qu’avant l’arrivée de Dangote Cement Senegal, la tonne de ciment pouvait atteindre 60 000 FCFA sortie usine ou plus, ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui. Grâce à notre arrivée, les prix ont baissé globalement de 20 à 25%. Les sénégalais bénéficient véritablement de la concurrence.

Un autre aspect fondamental est évidemment le cours des matières premières que nous utilisons pour être intégrés dans le ciment ou pour l’appareillage de production.

La pression que peuvent exercer les taxes jouent aussi. Par exemple, depuis janvier 2016, l’Etat a institué une taxe sur le ciment de 1 000 FCFA par tonne, que nous avons dû intégré dans notre prix.  En revanche, suite aux récents évènements de hausse, nous sommes revenus à nos prix d’antan.

MaMaison.sn : Selon la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), la production de ciment durant les 10 premiers mois de l’année 2016 a connu une hausse de 10,2  % par rapport à la même période de l’année 2015. Quelle part de marché envisagez-vous d’avoir en 2018 ?

WAS : La hausse de production du ciment n’impacte pas forcément la part de marché, que ce soit aussi bien sur le marché local que sur l’export. Nous pourrions être impacté négativement sur notre part de marché si le marché domestique continuait à croître et que nous avions atteint notre capacité maximale de production, face à une concurrence qui pourrait disposer des capacités pour faire face ; Cependant nous avons encore de la marge pour voir les choses venir.

MaMaison.sn : Qu’est-ce qui distingue DANGOTE CEMENT SENEGAL de ses concurrents ?

WAS : Une volonté ferme de continuer à bousculer le marché, en offrant des produits de qualité. C’est ce qui est d’ailleurs notre réputation. Arriver sur un marché saturé et atteindre jusqu’à 30% de parts de marché en 2 ans d’activité n’est pas donné à tout le monde.

Ce qui nous distingue, c’est aussi la possibilité que nous offrons à tout un chacun, de se lancer dans la vente de ciment parce que chez nous, il n’y a pas de favoritisme. Notre collaboration avec nos partenaires distributeurs et acteurs du BTP, s’inscrit dans la transparence la plus totale et la plus saine. Vous voulez démarrer, alors nos commerciaux vous accompagnent et vous conseillent avec pour seul objectif, de vous faire grandir dans ce business. Nous voulons que nos partenaires fassent du profit quand ils travaillent avec nous. C’est l’un de nos moteurs principaux, vous faire gagner de l’argent.

 MaMaison.sn : Quels sont les perspectives de ventes à l’export?

WAS : La récente réglementation de l’UEMOA concernant la charge à l’essieu qui impacte significativement la quantité de ciment que peuvent transporter bien des camions de nos clients export va, dans une certaine mesure ralentir quelque peu l’activité. Ils auront besoin de continuer à réajuster leur flotte pour continuer à alimenter leur marché.

Dans les prochaines années, si certains projets d’ouverture de cimenterie dans la sous-région se concrétisent, l’export sera un débouché important mais bien moindre par rapport à ce qu’il représente aujourd’hui. La lutte se fera plus intense sur le marché domestique, ce qui est dans l’intérêt de la plupart des acteurs de la chaîne de valeur.

Ahmet Lo
Sales & Ops Manager à MaMaison.sn. Passionné d'immobilier et professionnel du secteur depuis plus de 10 ans, je suis en charge de la lettre d'information sectorielle qui a vocation à rassembler du contenu et des analyses pour tous les professionnels du secteur de l’immobilier au Sénégal.

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